samedi, 30 mai 2009
Petit rappel quand à l'examen de Juin pour l'UE de Différentielle.
Je vous rappelle que Madame C. pour l'UE de Différentielle nous invite fortement à réfléchir sur cette conférence de Geneviève Azam (chercheur(e) en sciences sociales) Du processus de Bologne à la LRU et qu'elle nous interrogera à ce sujet.
Outre le contenu du propos très intéressant et l'analyse tout aussi claire, je ne suis pas certaine que Madame C. s'attende aux conclusions de cet ordre :
- que penser de cette "partie de la communauté universitaire" qui se réclame "héritière de la philosophie des lumières" et qui s'est laissé (si naïvement, si facilement?) "illusionner" par ce projet "d'harmonisation des systèmes d'éducation au niveau européen"?
- contexte : le processus de Bologne débute en 1999. Réaction étudiante à la LRU en 2007-08 sans aucun soutien de la part de cette chère "partie de la communauté universitaire" (héritiaire de la philosophie des lumières...certes, mais qui était peut-être en vacance lors des protesations étudiantes de l'an dernier?). Réaction de la partie de la communauté universitaire en 2009.
Alors oui le contexte social actuel n'est peut être rien d'autre qu'un nouvel obscurantisme où la globalisation appauvrit pltuôt que d'articuler et de coordonner les diverses parties, mais avant de signer tout contrat n'importe quel quidam (qui ne se réclame pas héritier de la philosophie des lumières, ni garant de quoi que ce soit) le lit, lui.
Et si injustice il y a, le quidam en question il réagit sur le champ, n'est-il pas? Et non respectivement dix et un an après.
Du processus de Bologne à la L.R.U, une catastrophe annoncée
envoyé par mirailenlutte - L'actualité du moment en vidéo.
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dimanche, 24 mai 2009
Toujours aux étudiants de Psychologie à Nanterre, Paris X
Le Monde appelle les étudiants à témoigner de l'état actuel quand à la reprise des cours, blocages et autres réjouissances qui nous occupent désormais depuis près de quatre mois.
Appel à témoignages.Comment votre université s'organise pour la reprise des cours ?
Parfait.
Et après?
Parce qu'il me semble que le point en effet, les étudiants sont tout à fait aptes à le faire eux-même et ils le font un peu plus chaque jour. Mais quel qu'il soit, quel que soit l'état de fait dans lequel nous nous trouvons, d'un coté le gouvernement entend pouvoir prétendre ne pas brader les diplômes et donc organiser la tenue d'examens et de l'autre : nos enseignants entendent eux (cela n'engage que moi) officiellement soutenir que les cours sont dispensés normalement depuis trois semaines et qu'ainsi une évaluation de ces connaissances si duremment "transmisent" est tout à fait admissible.
Soit. Que dire de ceux d'entre nous qui devront composer sur une matière pour laquelle ils auront reçu quatre heures de cours magistraux?
Que penser de ceux (râres et chanceux) dont les td n'ont jamais été interrompus et qui passeront la même évaluation que ceux qui n'auront bénéficié que de quelques heures de "cours" APA * dispensées par des profs ruminant leur "colère" et qui n'ont de cesse de nous menacer de la future disparition de notre cursus ou des conditions dans lequelles nous le suivont actuellement.
Que répondre à celui qui annonce que les évaluations ne doivent absolument pas porter sur des documents, lectures qui n'auront pas été(e)s abordé(e)s en cours alors que certains enseignants affichent ouvertement dans notre programme de révision des bibliographies sans fin.Que lui expliquer? Que je n'ai pas envie de me lever au milieu de l'amphithéâtre pour "protester"?
Que tout cela aurait pu être très facilement évité si nos enseignants l'avaient simplement voulu?
Qu'il leur aurait suffit d'avoir une vue simplement responsable de leurs "actes"? Et c'est peu dire. L'enseignant n'est-il pas justemment celui qui se soucie de ces paroles, de ces actes et des répercussions de ceux-ci?
Que la situation actuelle est d'ores et déjà "hors la loi"? (signalé dans Textes et motions de la 10ième CNU )
Code de l'éducation
"Les aptitudes et l'acquisition des connaissances sont appréciées, soit par un contrôle continu et régulier, soit par un examen terminal, soit par ces deux modes de contrôle combinés. Les modalités de ce contrôle tiennent compte des contraintes spécifiques des étudiants accueillis au titre de la formation continue. Elles doivent être arrêtées dans chaque établissement au plus tard à la fin du premier mois de l'année d'enseignement et elles ne peuvent être modifiées en cours d'année."
Que penser des chargés de td qui en savent souvent moins que nous sur la mobilisation et l'état de la situation? Et pour lesquels il faut bien constater que cette situation si floue ne leur déplait guère...
En conclusion, le mail de cette étudiante ainsi que le réponse de l'enseigant me semblent très parlant :
(je précise qu'ils circulent sur des listes de diffusions publiques)
> De : x
>
> Date : Sun, 17 May 2009 12:21:49 -0700 (PDT)
> À : y
> Objet : [z] Que devons nous faire?
>
>
>
> J'ai du mal à comprendre quelle attitude nous devons adopter.
> La présidence n'a toujours pas annoncé la fin du mouvement, et donc la
> fin de la période de dépénalisation des absences.
> Nos examens n'ont pas été décalés, ni allégés (ou alors très peu).
> (1ère date de partiel le 25 mai : 1 cours pour apprendre un semestre
> de grec ancien en ce qui me concerne en Humanités).
> On nous demande d'assister à telle ou telle réunion de SSA, de
> participer à l'AG, on continue la grève et cætera, mais comment faire
> pour aller en AG, si nous avons cours en même temps?
> Comment faire pour lancer des initiatives si nous devons travailler
> d'arrache-pied pour des partiels qui commencent dans une semaine?
> Qu'est ce qui a changé dans la situation, dans notre rapport au
> gouvernement pour que tous décident d'aller en cours?
> Quelle est cette schizophrénie qui vous pousse à revoter la grève tout
> en nous envoyant en cours.
> C'est aux enseignants que je lance ses questions, et j'aimerai avoir
> des réponses.
>
> Qu'est ce qu'on prévoit pour la suite? Ne vaudrait-il mieux ne pas
> tout arrêter là, mais essayer de prévoir l'an prochain?
>
> Merci d'avance!
>
"Il faut qu'on réponde demain à cette interpellation légitime. Je ne sais pas
comment, car je ne vois pas comment nous pourrions arrêter la grève, au
contraire : mais alors il faut assurer à tout prix l'impunité des étudiants
qui nous soutiennent. "
* APA Activités d'Accompagnement Pédagogique, parce qu'à Nanterre, officiellement : les cours n'ont jamais repris ! :
SPSE Paris X :
"Si, comme cela ne peut qu'être vivement souhaité, les conditions se trouvent réunies pour que le deuxième semestre soit validé (selon les modalités prévues), il le sera sur la base des activités pédagogiques aménagées et des travaux personnels indiqués dans le cadre de ces activités pédagogiques, ainsi que sur la base des cours et TD dans leur forme habituelle s'ils ont eu lieu."
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dimanche, 03 mai 2009
"N'ayons pas de scrupules" je cite une enseignante de l'UFR de Psychologie, NanterreParis X
La lassitude, l'incrédulité, le découragement et l'abandon déciment les rangs étudiants.Mais peu importe car ceux là même qui tombent sont convaincus de... tomber pour la bonne cause ! J'aime beaucoup lire certain de nos enseignants qui s'inquiètent de ces mêmes étudiants "qui ont disparu".
Le bilan vaut le coup.
Les règles du bras de fer engagé depuis trois mois déjà entre le gouvernement et une partie du monde universitaire se résument désormais à : "oeil pour oeil, dent pour dent" et je manipule les étudiants.
Le décret sur l'application de la modification du statut des enseignants cherchieurs entériné pendant les vacances scolaires ayant été vécu comme l'ultime provocation, les troupes semblent avoir trouvé là un argument supplémentaire qui légitimerait leur action.
Le mot d'ordre coté universitaire revient donc à poursuivre la grève avec la volonté affichée (dans les rangs autorisés) de mettre le gouvernement dans une situation embarassante quitte à envisager la reconduction du mouvement pour la rentrée universitaire prochaine, envisager d'évaluer les étudiants hors périodes et modalités officielles uniquement pour rendre délibérément la situation encore plus problématique qu'elle ne l'est déjà, ou bien encore ne délivrer aucun diplôme et ainsi ne pas clore cette année universitaire. La validation de l'année universitaire représentant à l'heure actuelle l'ultime défaite pour le monde universitaire.
Certains présidents d'Université ont enfin décidé d'appliquer la loi, de façon non rétroactive cela s'entend. Ainsi à Lille monsieur S. envisage de procéder "à une retenue sur salaire de 1/30ème par jour de retard dans la remise des notes pour service non fait" et évoque le droit qui est le sien de traduire en conseil de discipline les enseignants n'assurant pas leurs services.
Rassurons nous des caisses de solidarité* ont immédiatement été ouvertes et quiconque le désire peut soutenir ces mêmes enseignants cherchieurs qui, n'assurant pas leurs cours et laissant planer délibérément une incertitude sur la possibilité même de valider cette année universitaire, plongent des miliers d'étudiants dans un profond désarois.
Je note tout de même une évolution dans le discours universitaire qui convient (désormais) de la nécessité de réformer le système français. Au moins un point d'accord partagé par tous les protagonistes. Etonnant donc que nous en soyons arrivés là. Excepté si l'on considère d'une part la puérilité et le cynisme avec lesquels nos professeurs évoquent la situation et d'autre part la stratégie gouvernementale mise en place. Alors que V. Pecresse rappelle à qui de droit quelles sont les modalités d'exercice du droit de grève dans les établissements d'enseignement supèrieur ( ici Rappel de Madame la ministre de l'enseignement supèrieur.pdf), la réponse (officieuse) des intéressés consiste à défier le système de : "...prouver nos absences et à les déclarer...", "...démontrer au cas par cas que la rétention (des notes) est un acte de grève.", s'interroger sur l'identité de celui ou celle "...qui est chargé au sein de l'UFR de faire le recensement (des grèvistes) pour le compte de l'administration.. sale boulot! ...".
Dernière considération qui a le mérite d'être très claire : " En cas de retenue sur salaire, impossible de rattraper les enseignements sous quelque forme que ce soit…cela ne sera pas sans incidence sur les diplômes. Les étudiants auraient alors la preuve que le préjudice pour leurs études résulte des initiatives et de l’attitude du ministère et non de celles des enseignants-chercheurs. "
Les citations ci-dessus sont extraites de mails échangés par des enseignants de l'Université de Paris Nanterre, ufr de Psychologie via des groupes de discussion google (rappel : Toute personne peut consulter le contenu du groupe).
Tout est dit il me semble. Mais quand même, il ne faudrait pas prendre les étudiants que pour des cons. (dixit M.C.)
*On ne sait jamais, quiconque voudrait soutenir "la lutte" et envoyer un don, n'a qu'à me demander les coordonnées exactes par message ci-dessous. Soyez bien certain que je me garderai de répondre à cette demande.
"Appel à la solidarité des enseignants mobilisés de Lille 2
URGENT : Pour continuer tous ensemble contre la LRU et ses décrets
Nous avons besoin de vous !
Le président de l’Université Lille 2 a décidé de retenir nos salaires
et nous menace d’un conseil de discipline
Le président de l’Université Lille 2 a décidé de retenir 1/30ème de salaire par jour de retard à compter du 20 avril jusqu’à la remise des notes retenues et ce, malgré une décision du Conseil de faculté reportant les délibérations du 1er semestre au mois de juin. En outre, il ne craint pas de nous menacer de poursuites disciplinaires ! (cf. communiqué ci-joint),
C’est un parfait exemple du comportement de petit chef, de potentat local que la loi LRU et ses décrets d’application peuvent encourager des présidents à adopter, au mépris du principe de l’élection d’un collègue par ses pairs.
Est-ce là l’autonomie que nous voulons ?
Nous ne céderons pas !
· Parce que, si nous sommes les premiers à subir des représailles, nous ne serons sûrement pas les derniers.
· Parce que, si nous baissons les bras localement, c’est nationalement que les conséquences se feront sentir, et vous serez les prochains destinataires de lettres recommandées avec AR vous sommant de cesser la lutte sous peine de mesures de rétorsion.
Pour continuer la lutte engagée depuis douze semaines et gagner sur nos revendications, il est essentiel et urgent de construire une puissante solidarité nationale contre les représailles locales !
Pour tenir bon, nous avons besoin de vous !
Nous avons notamment besoin de votre soutien financier !
► Envoyez dès aujourd’hui vos messages de soutien et vos promesses de dons à cette adresse : collectif_enseignants_lille2@yahoo.fr
Un collègue vous répondra aussitôt.
► Les dons sont à envoyer à :
- - - - - - - - - - - - - -
Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Lille 2
- - - - - - - - - - -
► Libellez vos chèques à l'ordre de - - -
Les sommes ainsi reçues font l'objet d'une comptabilité spécifique et il vous sera adressé un accusé de réception de votre contribution.
Merci d’avance et faites circuler ce message ! "
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mercredi, 08 avril 2009
LRU le texte
Le texteici
04:33 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Quelques articles de presse
Mardi 7 Avril :
Mouvement universitaire: le deuxième semestre offert? Libération 7.04.09
Séquestration de Messieurs Denis Lambert et Jean-Luc Hembise respectivement directeur et directeur adjoint du Crous de Paris Port Royal par un groupe d'étudiants Mardi 7 Avril. Libération 7.04.09
Menace sur le bac : des universitaires refusent de présider les jury Blog de Sylvestre Huet
1 et 2 Avril :
« Les pintades, vos gueules ! » Bordeaux IV : le vice-président Aubin a «débloqué»
Le blog de Sylvestre Huet journaliste à Libération qui suit de très prés le mouvement. Les manifs, les propos de directeurs d'Universités etc... L'actualité du mouvement.
Les facs mobilisées voient leur image se dégrader. Le Monde du 31.03.09
13 Mars :
Enseignants-chercheurs : les grévistes sont payés.Le Figaro du 13.03.09
Pendant la grève, le salaire des enseignants-chercheurs ne bouge pas. RTL le 13.03.09
04:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 07 avril 2009
Chers enseignants je vous souhaite de passer de très bonnes vacances.
Je suis heureuse de constater que la grève est dores et déjà reconduite jusqu'à la fin des vacances. Nos enseignants sont avertis et prévoyants.
J'en suis fort aise et je leur souhaite un bon repos.
Je suis heureuse d'avoir eu la confirmation en haut lieu que ces mêmes enseignants ont continué à percevoir leurs salaires durant toutes ces semaines qu'ils ont passées à défendre nos intérêts.
Et je déplore ne pas pouvoir modifier mon emploi du temps de salariée en 3/8 du jour au lendemain afin de pouvoir assister à la "préparation pédagogique à la reprise des enseignements".
Je reste très admirative vis à vis de la suggestion d'ajouter une semaine d'enseignement (ou deux) afin de rattraper les deux mois perdus. Et bien évidemment je suis pleinement convaincue qu'un aménagement des années ultérieures sera effectué et ainsi nous permettra d'appréhender et de maitriser pleinement les enseignements qui ne nous ont pas été dispensés.
Cela va sans dire et la situation actuelle a achevé de me convaincre, aussi je reste persuadée que l'Université Française est admirable tant par la nature des enseignements qui y sont dispensés que par le respect dans lequel tout cela est fait. Ainsi les équipes enseignantes et cherchiantes gardent absolument toute mon admiration et surtout surtout, ma pleine confiance car j'estime que leurs agissements n'ont en rien décrédibilisés leur propre métier.
L'UFR de psycho corrige le premier message adressé à ses étudiants UFR sciences psychologiques et sciences de l'éducation (SPSE) Département de Psychologie
Message à l’attention de tous les étudiants de Psychologie
(version modifiée du lundi 6 avril 2009 : lire avec attention les passages en bleu)
L'assemblée plénière des enseignants chercheurs de l’UFR SPSE a voté ce matin, vendredi 3 avril 2009, une motion appelant à la poursuite de la grève des enseignements accompagnée, aux heures des cours et TD, d'une préparation pédagogique à la reprise des enseignements. Cela, jusqu'au lundi 27 avril 2009 inclus, date de la prochaine assemblée.
En conséquence, il est expressément demandé à tous les étudiants de Psychologie (licence et masters) d’être présents aux heures et lieux de leurs enseignements afin qu’avec leur enseignant soit défini précisément le travail personnel à poursuivre pour faciliter une reprise des cours efficace et rapide le moment venu. Des documents sont ou vont être mis à la disposition des étudiants sur le site Comète http://ufr-comete.u-paris10.fr, ils seront invités à lire bien attentivement la page d’accueil afin qu’ils puissent se connecter], pour leur permettre de travailler dans le cadre des différents enseignements en anticipant la reprise des cours et TD dans leur forme habituelle.
Une remise des notes du S1 est prévue pour tous les étudiants au cours de la semaine du 27 avril au samedi 2 mai inclus (Licence : 4ème étage du bâtiment C ; Master : se renseigner auprès des responsables de la spécialité). Ces notes sont provisoires car elles ne seront validées qu’après leur transmission à l’administration en vue de la tenue des jurys.
La validation de l’année universitaire demeure une préoccupation très forte des enseignants-chercheurs. Il est envisagé de proposer aux Conseils de l’établissement d’allonger d’une ou deux semaines la période d’enseignement avant la tenue des examens. Des aménagements pédagogiques seront mis en place pour compenser dans la mesure du possible la diminution du nombre de semaines d’enseignement. Les contenus du programme qui pourraient ne pas avoir été traités dans le cadre de certains enseignements cette année, seront intégrés dans le programme de l’année suivante.
La direction de l’UFR SPSE
04:35 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 31 mars 2009
Aux étudiants de Psychologie à Nanterre, Paris X :
Ce blog s'adresse en priorité à mes camarades d'amphis, de cours magistraux et de travaux dirigés, plus précisément : aux étudiants en Psychologie de l'Université de Nanterre.
Bonjour à celles et ceux qui sont directement concernés volontairement ou involontairement, par la situation universitaire actuelle.
Concernés et impliqués.
Impliqués par le seul fait même d'avoir fait la démarche de vous être rendu à Nanterre en Septembre dernier, d'avoir choisis vos CM, de vous être inscrits aux TD et d'avoir sciemment décidé d'entamer des études à l'Université et d'assumer ce choix.
Assumer car pour bon nombre d'entre nous, il ne va pas de soi. En effet une bonne partie des étudiants travaillent en parallèle ou se trouvent dans des situations plus que pénibles.
Contrairement à ce que suggère l'époque actuelle avoir le statut d'étudiant ne nous prive absolument pas d'exercer notre esprit critique et de porter un jugement sur notre propre situation. Nous ne sommes donc pas devant l'alternative si simpliste et bien pensante de devoir primo : rejoindre le mouvement des profs ou secundo : simplement attendre la fin en priant pour qu'elle nous soit la plus clémente possible.
Non.
J'entends autour de moi les voix de bien assez d'étudiants complètement perdus, démoralisés par la quantité de lectures demandées, révoltés par les bibliographies d'enseignants qui exigent des lectures de livres qui ne sont plus édités et qui par conséquent ont déjà été pillés à la bibliothèque.
Bien assez aussi d'étudiants prêts à abandonner leurs études car complètement perdus et isolés dans le no mens land qu'est devenue la fac aujourd'hui.
Il ne sera pas question ici de discuter des tenants et aboutissants de la LRU ni même de la réforme sur la mastérisation, ni du bien fondé des propositions gouvernementales. Non rien de cela. Ici il ne sera question que de nous.
Nous :
ceux qui n'ont pas eu un seul cours depuis les partiels de la fin du premier semestre. Nous qui serions incapable de reconnaître certains de nos enseignants du second semestre tout simplement parce que nous ne les avons jamais vu. Nous qui errons de salle en salle en espérant glaner quelques informations sur la suite des réjouissances. Nous qui avons reçu l'ordre de nous rendre à la fac durant la semaine du 23 Mars. Nous qui avons reçu des directives de travail auxquelles nous avons peine à croire tant la quantité demandée semble démesurée pour le temps qu'il nous reste d'ici Juin. Nous qui n'avons même pas eu l'honneur de recevoir nos résultats d'examens du premier semestre. Nous qui ne partirons pas en vacance durant deux mois cet été et nous pour qui l'avenir professionnel ressemble plus à un mirage qu'à une oasis.
Le corps enseignant reproche au chef de l'état son attitude et ses propos pleins de mépris.
Ne serait-il pas légitime que nous ayons les mêmes griefs vis à vis de nos enseignants ?
Je ne suis pas décidée à subir cette situation sans avoir au moins exprimé mon profond désaccord (et c'est peu dire) avec la situation abusive dans laquelle nous maintiennent nos enseignants. Après avoir réfléchi aux moyens d'action qui pourraient être les nôtres j'envisage de rédiger un courrier directement adressé à Madame la présidente de notre Université Bernadette Madeuf et transmettre ce courrier à la presse.
Tout comme Madame la présidente s''est adressé publiquement et par courrier au premier ministre.
Je demande donc à chacun d'entre vous qui se sent concerné de se manifester et de s'exprimer ici sincèrement afin que ce courrier puisse exprimer la voix de chacun d'entre nous qui s'estime plus victime qu'acteur dans la situation actuelle.
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